La grande vadrouille de L. Aliot – Extrême-droite : P. Sidos par Nicolas Lebourg

 

 

gérard lopez (G. Lopez) Je remercie Gérard Lopez, un lecteur fidèle de mon blog, qui m’a adressé cette affiche, détournement de celle du film La grande vadrouille.

 Les deux compères caricaturés apprécieront…s’ils ont de l’humour… JPB

 

 

 

Demain, sur le blogabonnel :

La grande vadrouille de L. Aliot 

à Perpignan  ( 2020/2026)

 

Le Pen avec Sidos, 1994 J.M. Le Pen avec P.Sidos en 1994 - images

* Extrême-droite, P. Sidos par Nicolas LEBOURG

 

Vie et mort de Pierre Sidos

Posted le 14 septembre 2020 par nicolaslebourg in Alterophobie, Entretien(s), Extrême droite, Extrême droite radicale, Histoire, Violences 

Il y a une dizaine de jours décédait Pierre Sidos. Si on pourra retrouver sur ce site divers articles l’évoquant voici ci-dessous l’entretien paru dans Libération la semaine passée, où Nicolas Lebourg répondait aux questions de Maxime Macé et Pierre Plottu:

 


Comment démarre l’engagement de Pierre Sidos ?

Il a été franciste et milicien dès ses 16 ans. Son père était un cadre de la Milice, lié à la Gestapo, et a été fusillé à la Libération. Pierre Sidos a lui-même a été condamné aux travaux forcés et à la dégradation nationale en janvier 1946 et amnistié en avril 1949. En septembre suivant, il fait partie des membres fondateurs du groupe d’extrême droite Jeune nation.

Au sortir de l’Epuration, comment se passe cette reconstitution de la mouvance radicale ?

Ils sont prudents : officiellement c’est un mouvement bonapartiste, composé d’une centaine de membres pour un tiers ex-collaborationnistes francistes et miliciens, pour un tiers de gaullistes en rupture de banc, pour un tiers de bonapartistes. Puis les frères Sidos font évoluer Jeune nation vers leurs bases, et nouent des liens à l’étranger : ce sont des émigrés allemands, anciens de la Propagandastaffel qui se sont réfugiés en Suède qui produisent leurs stocks de tracts. Dès 1950 Jeune nation cache des armes, espérant voir tomber la République et a un temps des relations avec des groupes ouvertement néonazis.

Pourtant Sidos ne parvient pas à prendre la tête de la mouvance néofasciste.

Selon les services de renseignements, le groupe aurait eu 112 membres en 1952 puis jusqu’à 500 membres en 1954. Mais, avec le choix en 1956 de se déclarer néofasciste et de reprendre la cache d’armes, il perd de son élan et n’aurait plus qu’une cinquantaine de membres tout début 1958. La ligne de Pierre Sidos est aussi décalée : alors que son second, Dominique Venner, théorise un passage à un nationalisme de la race blanche, que la jeunesse néofasciste est obsédée par l’Europe, Sidos ne pense qu’en termes de nation française et de colonies. A partir de 1957, le groupe voit affluer des étudiants et deviendra la Fédération des étudiants nationalistes (FEN) en 1960, qui marche bien après l’échec du « Parti Nationaliste » interdit en 1959. Le fichier militant constitué par les services de renseignements en 1961 recense 750 membres de JN, dont 207 à Paris : des hommes jeunes (surtout nés entre 1930 et 1945, avec seulement 3% de prénoms féminins) et issus de toutes les classes sociales. Mais le gros de la FEN fait ensuite scission et part créer Occident en 1964.

Quel est le rapport de Jeune nation à la violence ?

Il a été activiste puis terroriste. En 1956 ses militants mènent la manifestation à l’assaut du siège du parti communiste (plusieurs morts, de nombreux blessés). Ils combattent parfois les forces de l’ordre. Le 6 février 1958, le groupe est soupçonné d’être à l’origine de la bombe placée à l’Assemblée Nationale. Avec d’autres formations d’extrême droite il est dissous en mai 1958 mais continue sous diverses formes.

Dans les départements algériens, il pousse à l’assassinat de musulmans. Dans le sud-est des militants, dont un ex-Waffen SS, torturent et assassinent un Tunisien. Le problème de Jeune nation est de concilier la reconstitution du parti et la violence. Au point qu’en 1959 la direction demande à ses membres de l’éviter pour pouvoir construire un appareil révolutionnaire.

 

 

REPORT THIS AD

 

REPORT THIS AD

 

En 1960 Sidos est contraint de se cacher. La police le croit en Belgique mais il est à Neuilly-sur-Seine, d’où il a encore un peu de contact avec le général Salan ou Jean-Marie Le Pen. On va retrouver des jeunes militants parmi les poseurs de bombes des « nuits bleues » de l’OAS, mais les relations avec les groupes Algérie française sont difficiles  car Jeune nation veut instaurer un régime fasciste et non simplement la conservation de l’Algérie.

Sidos est-il le chef absolu ?

Dominique Venner , son second, est un moine-soldat qui lui fait de l’ombre. Les rapports psychiatriques effectués quand tous deux passent devant la Cour de sûreté de l’Etat présentent Venner comme méticuleux, calme, organisé, doté d’une intelligence supérieure à la norme et d’un raisonnement logique faisant fi de toute empathie ou compassion. Sidos est quant à lui décrit comme un homme certes intelligent mais avant tout paranoïaque et psycho-rigide. Discret aussi : seul le journaliste David Doucet est parvenu à en obtenir un grand entretien, en 2013. Ces traits lui ont permis de durer et de parvenir à maintenir toute sa vie des groupuscules sur la même ligne, mais ont sans doute nuit à leur développement. C’est la blague classique à l’extrême droite à partir des années 1980: l’Oeuvre française, fondé par Sidos en 1966 puis interdite en 2013, eût été « l’église de Sidologie ».

Que reste-t-il désormais de cette « sidologie » ?

Dès la constitution de Jeune nation en 1949, des notes de surveillance sur ses activités sont adressées à l’Élysée, de par la radicalité estimée de ses membres. Le groupe n’a cessé d’être interdit mais s’est toujours reconstitué avec, de 1949 à 2020, le même objectif : être prêts le jour où la France connaîtrait une situation révolutionnaire. Aujourd’hui il existe toujours un site, « Jeune nation », ainsi qu’un groupe, « Les Nationalistes », qui ne représente plus que quelques dizaines de membres.

 

Mort de Pierre Sidos, doyen de l’extrême droite pétainiste

Par Pierre Plottu et Maxime Macé — 6 septembre 2020 à 09:39 (C) Libération

Pierre Sidos, fondateur du mouvement Jeune Nation puis de l’Œuvre française, est mort vendredi à Bayeux. Collabo, antisémite convaincu et négationniste, l’homme n’en a pas moins reçu l’hommage de toute une frange de l’extrême droite radicale.

  •   Mort de Pierre Sidos, doyen de l’extrême droite pétainiste

Pierre Sidos, fils d’un haut responsable de la Milice et figure majeure de l’extrême droite d’après-guerre, est mort vendredi à l’âge de 93 ans. De Jean-Marie Le Pen aux royalistes de l’Action française, en passant par Thomas Joly, président de l’ultranationaliste Parti de la France ou encore le néonazi Daniel Conversano, c’est toute l’extrême droite la plus dure qui salue ce samedi la disparition d’un homme qui a marqué la mouvance de son empreinte en fondant Jeune Nation, Occident puis l’Œuvre française, et qui a été emprisonné pour son soutien à l’OAS.

Vieilles lunes d’extrême droite

Pétainiste et surtout néofasciste convaincu, Sidos a été le grand artisan de la structuration de la mouvance marquée par la collaboration et a perpétué l’antisémitisme français. Des caches d’armes de Jeune Nation, dans les années 50, au soutien aux terroristes de l’OAS (il a notamment participé à la préparation de l’attentat du Petit-Clamart contre De Gaulle, en 1962), l’homme a longtemps participé à faire vivre les vieilles lunes révolutionnaires de cette extrême droite qui honnit la République. Son rêve : une prise de pouvoir par les armes, lui qui a démarré sa vie de militant – qu’il vit littéralement comme un combat – dès 1943, à 16 ans, en rejoignant les cadets du francisme de Bucard.

 

Le combat et les armes (ainsi que l’antisémitisme), toujours, lorsqu’il crée le mouvement qui aurait presque pu lui survivre : l’Œuvre française, connue pour la violence de ses membres et les entraînements armés en forêt. Un groupe fondé le 6 février 1968, forcément, en mémoire de cette nuit de l’hiver 1934 où les ligues d’extrême droite ont marché sur la chambre des députés avant d’être repoussées. Une référence qui résume bien le parcours de Sidos.

Mouvance «sidossienne»

«De défaite en défaite jusqu’à la victoire» aiment à dire notamment ses partisans. Passé par la case prison, fondateur de groupes dissous (Jeune Nation, Œuvre française) ou dont il sera évincé par ses propres militants (Occident), Sidos, lui, n’aura connu que la déroute.

Même lorsqu’il finit par s’ouvrir au Front national de Jean-Marie Le Pen, allant jusqu’à envoyer ses troupes à l’assaut du parti. Ce sont notammentYvan Benedetti, son héritier, et son lieutenant Alexandre Gabriac(désormais chez les nationaux-catholiques de Civitas) qui sont élus sous étiquette FN dans la région lyonnaise avant d’être exclus, le premier pour avoir dit être «antisémite», le second pour des photos où il fait un salut nazi devant un drapeau à croix gammée.

 

Pierre Sidos a tant marqué ce courant à la croisée du pétainisme, du néofascisme et du néonazisme que la mouvance pourrait être qualifiée de «sidossienne», s’il ne s’était contenté en réalité de perpétuer une idée. Car si c’est lui qui a notamment fait adopter la croix celtique aux nostalgiques des années 30, Sidos n’était pas l’intellectuel que fut par exemple Dominique Venner, «martyr» de la cause (il s’est suicidé devant l’autel de Notre-Dame de Paris en 2013) et instigateur de la Nouvelle droite. Il n’empêche que si ce courant persiste encore en France avec le groupuscule Les Nationalistes, resucée du Parti nationaliste français réactivé suite à la dissolution de l’Œuvre, c’était le fait de Pierre Sidos.«Son honneur s’est appelé fidélité», lui a ainsi rendu hommage ce samedi son héritier, Yvan Benedetti, leader des Nationalistes, reprenant pour son maître la devise de la SS.

Pierre Plottu , Maxime Macé

Laisser un commentaire

Assistant Ressources Humain... |
Nymanntarp50 |
Le site du CSE de H3 Campus |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | SNUASFP FSU NANTES
| Mulhouse 2020
| Agencewebnicemetropole